La plupart des tenants de la théorie des « chemtrails » font débuter « les épandages » à partir du milieu voire de la fin des années 90. Ils en sont persuadés : les traînées persistantes n’existaient pas avant cette période. Les archives photographiques, elles, disent une toute autre réalité.
« J’ai 70 ans et ça ne fait que peu de temps que je vois des chemtrails auparavant il n’y avait que des traînées de condensation qui disparaissent au bout de quelques minutes », « Non, jamais. Ça fait depuis au moins une dizaine d’années que ça a augmenté », « Cela existe depuis fin des années 90 et intensification après 2009 », « J’ai 61 ans et jamais dans mon enfance ni adolescence, je n’ai vu cela […] Pour moi, ça a commencé vers 2015 », « Il y a moins de 20 ans on avait souvent du ciel parfaitement bleu, d’un bleu si intense ! ». Ces témoignages, sans grande cohérence, sont légions sur les réseaux sociaux parmi les partisans des théories des « chemtrails ». Pour eux, cette apparition soudaine des traînées persistantes seraient la preuve du lancement d’une opération coordonnée.
Pourtant, les traînées de condensation persistantes sont un fait documenté depuis plus de cent ans. Après le boom visuel de la Seconde Guerre mondiale, le sujet est peu à peu passé sous les radars de l’opinion publique jusqu’à refaire surface dans les années 1990 avec la publication du rapport spécial sur l’aviation du GIEC en 1999 et, la même année, son pendant alternatif, les « chemtrails ».
À lire aussi : « Chemtrails » : le mythe coriace de la nouveauté des traînées de condensation persistantes
L’augmentation massive du trafic aérien, à partir des années 1980 puis surtout des années 2000, et de multiples autres facteurs (normalisation de la norme RVSM, turboréacteurs plus efficients, augmentation de l’altitude des vols, augmentation de la vapeur d’eau dans la haute troposphère, etc.) ont drastiquement favorisé l’augmentation des traînées de condensation persistantes et servent désormais de fuel à ces théories.
En 2012 déjà, Mick West, fondateur du site Metabunk et de Contrail Science, avait lancé un travail précurseur ambitieux de recensement des photographies de contrails persistantes antérieures à 1995 [1,2]. Basé sur la bonne volonté des utilisateurs du forum, il n’avait pas trouvé de successeur faute d’une base de données massive, libre et publique. Fact’Ory propose ci-dessous une sélection des photographies rendues publiques en 2019 des satellites SPOT du CNES. L’engin spatial, SPOT-1, a été lancé en février 1986, permettant d’observer plus d’une décennie de traînées persistantes avant même l’émergence des premières spéculations sur les « chemtrails ».
Cette compilation n’est pas exhaustive. Elle est issue d’une sélection de photographies des différentes conditions dans lesquelles les traînées de condensation pouvaient persister. L’objectif n’est pas d’impressionner par le nombre de traînées de condensation mais d’être représentatif de cette diversité.
Pour une visualisation optimale, cliquer individuellement sur chaque image. Le visionnage sur grand écran est fortement recommandé.
1986


Zagreb, Croatie


Mer du Nord

Slovénie

Saint-Pétersbourg, RSS Russie

New-York, États-Unis

RSS de Russie

Yanai, Japon

1987

Kiev, Ukraine

Laval (53), France

Mer du Nord

Saint-Brieuc (22), France

Pontivy (56), France


Orléans (45), France


Skagerrak (détroit)

Saragosse, Espagne

Cosne-Cours-sur-Loire (58), France
1988

Auxerre (89), France

Hastings, Royaume-Uni

Lolland, Danemark

Nantes (44), France

Cholet (49), France

Royaume-Uni, Brighton


Voronej, RSS Russie

Liverpool, Royaume-Uni

Lac Léman, Suisse

Aleksine, RSS Russie
1989




Swansea, Royaume-Uni

Quimper (29), France


La Manche (Channel)



Périgueux (24), France

Szczecin, Pologne
1990

Détroit de Bass, Australie

Paderborn, Allemagne

Anvers, Belgique

Stockholm, Suède

Large du Maroc, Atlantique

Clarion (Pennsylvanie), États-Unis

Buzau, Roumanie

Serrès, Grèce

Mannheim, Allemagne

Koprivni, Croatie

1991

Golfe de Gascogne

Saint-Lô (50), France

Saint-Gaudens (31), France

Rethel (08), France

Auch (32), France

Groix (56), France

11 septembre 1991
Maastricht, Pays-Bas

Arcachon (33), France

Dijon (21), France

Tournus (71), France

Turin, Italie
1992

Eindhoven, Pays-Bas

Châtillon-sur-Seine (21), France

Bourges (18), France

Sept-Îles, France

Turin, Italie

Granville (50), France

Cherbourg (50), France

Mannheim, Allemagne

Zélande, Pays-Bas

Oostende, Belgique

Beauvais (60), France
1993

Annecy (74), France

Besançon (25), France

Fonyod, Hongrie

Large de Marseille, France

Ilfracombe, Royaume-Uni

Châteauroux (36), France

La Manche (Channel)

Gien, France

Pampelune, Espagne

Guéret (23), France

Les Sables-d’Olonne (85), France
1994

Île-de-France, Paris

Lyon (69), France

Ribérac (24), France

Lannion (22), France

Colchester, Royaume-Uni

Golfe de Gascogne

Nijmeg, Pays-Bas

Lac de Neuchâtel, Suisse

Jersey, Royaume-Uni

Périgueux (24), France

Mantes-la-Jolie (78), France
1995

Francfort-sur-le-Main, Allemagne

Coutances (50), France

Bordeaux (33), France

Dax (40), France

Luxembourg

Îles Anglo-Normandes

Arras (62), France

Brighton, Royaume-Uni

Londres, Royaume-Uni

Île de Ré, France

Lyon (69), France
1996

Saint-Brieuc (22), France

Toulouse (31), France

Golfe de Gascogne

Lamballe (22), France

La Manche (Channel)

Noirmoutier (85), France

Langres (52), France

Vesoul (70), France

Gand, Belgique

Rouen (76), France

Montélimar (26), France
1997

Toulouse (31), France

Metz (57), France

Helston, Royaume-Uni

Poitiers (86), France

Bourges (18), France

Morlaix (29), France

Golfe de Gascogne

Bayeux (14), France

Trèves, Allemagne

Belfort (90), France

Limoges (87), France
1998

Limoges (87), France

Paris (75), France

Niort (79), France

Arles (13), France

Îles Anglo-Normandes, Royaume-Uni

Trèves, Allemagne

Golfe de Gascogne

Saint-Dizier (52), France

Quimper (29), France

Toulouse (31), France

Paris (75), France
1999

Belle-Île-en-Mer, France

Chartres (28), France

Le Havre (76), France

Brest (29), France

Douarnenez (29), France

Bordeaux (33), France

Le Mans (72), France

Golfe de Gascogne

Vichy (03), France

Gien (45), France

Dreux (28), France
Compilation d’images (60km x 60km) des satellites SPOT (1, 2, 3 & 4) acquises dans le cadre du programme Spot World Heritage du CNES. Les images sont soumises à la licence ETALAB Ouverte 2.0
Vues depuis les stations et navettes spatiales
Cette série de clichées a été prise depuis la station Skylab, la navette spatiale américaine (en Space Transportation System, STS) et la mission Shuttle-Mir entre 1973 et 1999. Les photographies proviennent du compte officiel de la NASA sur Flickr et de la Earth Science and Remote Sensing Unit.

(SL3-34-302)

(SL2-04-179)

(SL4-138-3894)


France
(STS009-44-2000)

Skagerrak et Kattegat, Scandinavie
(STS-059-L22-115)

5 mai 1989
(STS030-75-57)
1990-1993

Mer méditerranée, Égypte
(STS036-075-024)

Caroline du Nord, États-Unis
(STS040-80-74)

Québec, Canada
(STS048-618-11)

Russie
(STS042-83-11)

Nouveau-Mexique, États-Unis
(STS042-75-103)

Océan Atlantique
(STS050-84-56)

Russie
(STS047-103-26)

Golfe du Mexique
(STS052-95-111)

Côte est, États-Unis
(STS054-74-7)
1994

Océan Atlantique
(STS064-88-1)

Royaume-Uni
(STS060-94-11)

Localisation inconnue
(STS060-111-25)

Océan Pacifique
(STS062-152-25)

Espagne
(STS064-117-46)

Alberta, Canada
(STS068-230-57)

Russie
(STS068-261-84)

Royaume-Uni
(STS068-246-53)

France
(STS066-98-89)

Côte est, États-Unis
(STS066-127-25)

Localisation inconnue
(STS066-158-78)
1995

Texas, États-Unis (STS069-724-7)

Océan Pacifique
(STS073-703-25)

Brésil
(STS067-707-39)

France
(STS071-743-59)

New South Wales, Australie
(STS071-747-34)

Localisation inconnue
(STS073-708-C)

Illinois, États-Unis
(STS073-731-84)

(STS073-759-18)
1996–1999

Mer Méditerranée (STS077-744-6)

nord-est des États-Unis
(STS078-752-96)

Large du Japon
(STS077-713-69)

Océan Atlantique
(NM22-774-F)

Océan Pacifique
(STS083-749-59)

Amérique du Nord
(NASA7-703-15)

(STS096-705-59U)
Vues depuis la station spatiale internationale
Le temps passant, les nouveaux adeptes des théories des « chemtrails » reculent sans cesse la date supposée d’apparition des traînées de condensation persistantes. En effet, la pandémie de Covid-19 a favorisé l’adhésion nouvelle à ces théories alternatives. Beaucoup ignorent ainsi l’origine même de cette théorie privilégiant une apparition à partir des années 2010, voire 2020.
Ci-dessous, une série de clichés prises dans les années 2000 par les astronautes depuis la station spatiale internationale (Internation Space Station, ISS). Elles proviennent de la Earth Science and Remote Sensing Unit du Johnson Space Center de la NASA.
2001-2003

Libye
(ISS001-335-15)

Québec, Canada
(ISS002-710-2)

La Manche (Channel)
(ISS002-E-9146)

Italie
(ISS003-E-7485)

Géorgie, États-Unis
(ISS004-E-6380)

Alpes, France
(ISS004-E-11807)

Allemagne
(ISS005-E-18310)

Alabama, États-Unis
(ISS006-E-18892)

Normandie, France
(ISS007-E-6830)

Michigan, États-Unis
(ISS007-E-12860)

Californie, États-Unis
(ISS006-E-19200)
2004-2005

Floride, États-Unis
(ISS008-E-12227)

Pyrénées, France
(ISS008-E-15756)

Caroline du Sud, États-Unis
(ISS012-E-9029)

Californie, États-Unis
(ISS009-E-5842)

Virginie, États-Unis
(ISS009-E-24293)

Missouri, États-Unis
(ISS008-E-6556)
Jean-David Teissier


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